Gandhi: La non-violence.
« Arun Gandhi, 73 ans, petit fils de Gandhi »
Ancien journaliste au « Times of India
« Comment il m’a enseigné la non-violence »
Après la guerre, j’ai vécu dix-huit mois avec Bapu à Sevagram.
J’avais 14 ans. C’était extraordinaire.Tous les soirs, il m’aidait à faire mes devoirs. Et puis nous parlions en filant.
Il voulait éradiquer la rage que j’avais en moi : En Afrique du Sud, j’avais souffert du racisme et je voulais me venger.
Au fil des conversations, Bapu m’a apprit à me défaire de cette violence intérieure. Il m’a expliqué comment tenir un journal de ma colère.
Et puis il m’aidait à identifier toutes les formes de violence, jusqu’aux plus anodines.
Un jour il m’a donné une leçon concrète. En rentrant de l’école, j’avais jeté par terre un vieux crayon usé. Le soir, j’ai demandé à Bapu de m’en procurer un autre. Mais, à la place, il m’a ordonné d’aller ramasser l’ancien. Puis il m’a dit ceci :
Pour fabriquer un crayon, on puise dans les ressources naturelles ; jeter un crayon, c’est donc faire violence à la nature ; quand nous consommons trop, nous empêchons les plus pauvres de le faire ; jeter un crayon, c’est donc aussi faire violence à l’humanité.
Quoi de plus modeste que cette leçon de Gandhi ?
Extrait du journal
Le nouvel Observateur: (Gandhi)
Du 9 au 15 août 2007
