Peur de la mort
L’impermanence
Il n’est place sur terre où la mort ne nous puisse trouver ;
Nous pouvons tourner sans cesse la teste çà et là comme en pays suspect…
En quelque manière qu’on se puisse mettre à l’abri des coups, je ne suis pas homme qui y reculasse… Mais c’est folie d’y penser arriver…
Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent, de mort nulles nouvelles.
Tout cela est beau. Mais aussi quand elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant à l’improviste et sans défense, quels tourments, quels cris, quelle rage, et quel désespoir les accable !...
Pour commencer à luy oster son plus grand avantage contre nous, prenons voye toutes contraire à la commune. Ostons luy l’estrangeté, pratiquons-la, accoustumons-la, n’ayant rien si souvent en la teste que la mort…
Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout.
La préméditation de la mort est préméditation de la liberté…
Le savoir mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte.
Montaigne.
POURQUOI EST-IL SI DIFFICILE
De « préméditer » la mort et de « préméditer » la liberté ?
Pour quelle raison redoutons-nous la mort au point d’éviter à tout prix de la regarder en face ? Quelque part, très profondément, nous savons que nous ne pourrons pas toujours continuer à nous dérober ainsi devant elle.
Nous savons, comme le disait Milarépa, que « cette chose appelée « cadavre » et qui nous fait si peur vit avec nous, ici et maintenant ».
Plus nous retarderons la confrontation avec la mort et plus nous l’ignorerons, plus nous serons hantés par une peur et une insécurité grandissantes. Et cette peur deviendra d’autant plus monstrueuse que nous essaierons de lui échapper.
Texte retenu du Livre Tibétain de la vie et de la mort.
Éditions de la table ronde