Ramakrishna
Un Sage en Inde
Ramakrishna
Son amour de Dieu
effaçait toutes les frontières religieuses,
Il déclare :
« J’ai pratiqué toutes les religions :
Hindouisme,
Islamisme, Christianisme et j’ai suivi aussi les voies des différentes sectes de l’Hindouisme…
Et j’ai trouvé que c’est le même Dieu vers qui tous se dirigent, par des voies différentes… Vous devez passer par ces divers chemins en pratiquant une fois chaque croyance. »
« Je vois partout des hommes qui se querellent au nom de la religion :
Hindous, Musulmans, Brâhmes, Vaishnavas, etc…
Mais ils ne réfléchissent pas que celui qui est appelé Krishna est aussi appelé Siva, et qu’il se nomme également l’Energie primitive,
Jésus ou Allah !
Tout aussi bien que le seul Râma et ses mille noms.
Un étang a plusieurs ghâts (escaliers).
De l’un, les hindous puisent l’eau dans des cruches et ils l’appellent jal ;
De l’autre les musulmans puisent l’eau dans des outres en cuir
et ils l’appellent pani ;
D’un troisième les Chrétiens, et ils l’appellent water.
Pouvons-nous imaginer que cette eau n’est pas jal,
mais pani ou water ? Combien c’est ridicule ! »
« La substance est Une sous différents noms et chacun y cherche la même substance ; seul le climat, le tempérament et le nom créent des différences… »
Il disait :
« La religion est une route qui mène à Dieu.
Une route n’est pas une maison… »
Il disait aussi :
« Un homme ignorant convaincu que sa propre religion est la meilleur, le proclame inutilement d’une façon tapageuse. Mais lorsque son esprit est éclairé par la vraie sagesse, toutes les disputes de sectes disparaissent »
Dés 1863 il affirmait :
« Toutes les vérités sont communes à tous, car toutes le sont de Dieu.
Les vérités ne sont pas plus européennes qu’asiatiques, pas plus vôtres que miennes. »
En novembre 1874
Nous dit Romain Roland,
Un hindou Malik lui lut la Bible.
Il fut fasciné par la vie et l’enseignement de Jésus.
Pour la première fois, Ramakrishna rencontrait Jésus.
Cet être d’exception pénétrait en lui.
Jésus, le Maître en éternelle union avec Dieu, restera pour lui le symbole de l’amour incarné.
Ce fut cette fois une inondation beaucoup plus forte que celle de l’Islam. Elle recouvrit son âme entière. Aucun barrage ne tint contre elle. Les concepts hindous furent balayés.
Dans ce flot divin il criait :
« Ô Mère ! Qu’est-ce que tu fais ? Au
secours !... »
Il n’y avait plus place en lui que pour le Christ ; ce ras de marée balaya tout. Pendant plusieurs jours, la pensée chrétienne, l’Amour chrétien seuls le remplirent.
Puis, un après-midi dans le bosquet de Dakshineswar il eut une vision.
Il vit venir à lui un être lumineux avec des yeux magnifiques, au regard serein, au teint clair. L’hôte de lumière s’approche et Ramakrishna entendit :
« Voici le Christ, qui a versé le sang de son cœur pour la
rédemption des hommes, voici Celui qui a souffert une mer d’angoisses, pour
l’amour d’eux !
C’est le Maître yogin
en éternelle union avec Dieu.
C’est Jésus, l’Amour
incarné !... »
Le Christ se fondit en
lui, et Ramakrishna s’envola vers l’extase. Quand il revint au plan terrestre, il garda le souvenir de ce
contact avec le Maître de Galilée, messie de Dieu.
Désormais tout s’éclaire dans son esprit :
Il a compris l’Absolu qui se communique aux hommes, l’Impersonnel qui se fait homme, qui se fait femme. Elle est le principe de toutes les incarnations. Le médiateur entre l’infini et le fini.
Ainsi sa méditation
se concrétise par ce cantique :
« Oui, ma Sainte Mère (Dieu) n’est nulle autre que l’Absolu. Elle est à la fois l’Un et le Multiple, et l’au-delà de l’Un et du Multiple…
Ma Sainte Mère dit :
Je suis la Mère de l’Univers, je suis le Brahman du Vedânta , je suis l’Atman des Upanishads …
Ma Sainte Mère est l’énergie Divine Primordiale.
Elle est partout. Elle est à la fois à l’intérieur et à l’extérieur des phénomènes.
Elle a enfanté le monde. Et le monde la porte dans son cœur.
Ma Mère est à la fois le contenant et le contenu…
Elle est l’écorce. Elle est l’amande… »
Ramakrishna était un Bhakta qui croit à l’amour, il ne prétendait pas à la science des jnânins qui croient par l’intelligence.
Son grand disciple intellectuel Vivekananda disait de lui :
« Il était tout Bhakta
au-dehors, tout jnânin au-dedans. »
Article retenu dans le bulletin
Le Spiritisme Christique.
Avril 1995