Dossier LE PASSAGE par Valérie Fauvel

 


L’INFLUENCE
DES MAUVAIS ESPRITS

 

 

  Tout être créé simple et ignorant est amené à évoluer vers le bien et la connaissance par la réincarnation, sur différentes planètes plus ou moins évoluées.

   Le bien ou le mal, incarné ou désincarné, est la traduction direct de l’état évolutif de notre terre. Nous trouvons donc dans l’au-delà toutes les échelles évolutives au même titre qu’ici-bas. […]
   Il serait alors naïf de penser que le passage de la vie à trépas épure soudainement tous les esprits, alors que les âmes sont celles d’humains plus ou moins évolués. […]

Le_pardon

   Dans l’ouvrage La délivrance des mondes, nous relatons quarante années de rencontres avec des dizaines de mauvais esprits, rencontres rendues possibles grâce à deux médiums de notre association qui ont accepté de prêter leurs corps selon les modes de l’incorporation ou de la possession.

   Ces manifestations éprouvantes auxquelles celles des bons Esprits se sont ajoutées, nous ont permis à la fois de comprendre, de décrire ce bas astral et d’agir en conséquence.

 

Comment s’effectue
Le passage d’un mauvais esprit ?

 

_ Lisons le témoignage d’un mauvais esprit après l’aide que nous avons pu lui apporter :

« Quand je me suis endormie dans la mort, je n’ai pas fait de différence. J’ai vu mon corps, j’ai vu mon cercueil, j’ai cru que je pourrais continuer d’agir, de penser, comme auparavant.
  J’entendais des voix qui m’appelaient à la raison, j’entendais des voix qui m’appelaient au pardon, et je ne voulais rien savoir. »

   L’esprit a toujours son libre arbitre, la liberté de se complaire dans ce qu’il sait déjà faire ou aller vers un inconnu qui lui demandera de transformer progressivement sa conscience.

 

S’il n’entend pas les conseils
Que se passe-t-il alors ?

 

_ Lisons la suite du témoignage :

« Puis, je rencontrais des esprits que j’avais connus. Alors je décidais d’aller vers eux et, devant leur frayeur, je me réjouissais.
   Je pensais, je suis peut-être morte, mais ils me craignent et c’est bien, alors profitons de cette position. Le plaisir du mal, le plaisir de la haine ma poussait à continuer de les effrayer. »

  Dans le bas astral, les mauvais esprits peuvent donc agir sur d’autres esprits désincarnés et continuer de faire subir à ceux ou celles qu’ils avaient en haine de leur vivant, la même haine, la frayeur, leur pouvoir, leur domination.

   Grâce au sommeil magnétique, possibilité pour l’esprit d’un médium d’être propulsé dans l’au-delà et de décrire ce qu’il y voit, nous avons pu obtenir des descriptions du bas astral. Ce sont des descriptions très matérielles de l’environnement : Des sensations de froid, d’humidité, d’obscurité, de lourdeur, de fatigue, de douleurs, des plaintes et des cris. Ce décor virtuel perçu par le médium n’est qu’une production mentale émanant de la pensée des mauvais esprits.
   Néanmoins, ce décor est bien réel pour les âmes errantes, troublées, les esprits faibles et les victimes qui en sont prisonniers, incapables de se projeter plus loin et de rejoindre un au-delà plu heureux.

 

Les mauvais esprits
Peuvent aussi agir sur les incarnés

 

_ Suite du témoignage.

« Je me suis vite aperçue qu’il était possible de faire peur aux hommes, de continuer de les visiter, de frapper des coups dans leurs maisons, de leur apparaître sous une forme plus ou moins hideuse, de crier dans leurs nuits pour les faire trembler, et je détestais les hommes, je détestais toutes le personnes que j’avais connues, je prenais du plaisir à continuer de leur faire peur. »

  Nous voyons l’influence de ces individus désincarnés, particulièrement agressifs et négatifs sur les personnes vivantes, incarnées.
Ces mauvais esprits entrent logiquement en contact avec des groupes d’humains incarnés tout aussi mauvais et négatifs. De cette rencontre va se dégager une énergie, une force négative, dirigée par la volonté de ceux qui l’émettent sur des personnes, afin de les inciter au mal. […]

   Plus concrètement, quelques exemples dont nous avons eu connaissance sur la possibilité d’action des mauvais esprit :
   Agir sur des humains, assister gourous et sorciers, répandre l’envie, le besoin, le désir, l’intérêt de drogue, pousser au viol, au crime…
   Vous comprenez pourquoi, sans vouloir vous effrayer, il est nécessaire d’aider ces esprits mauvais, néfastes ; Pourquoi ce mal ou ce trouble doivent être combattus, afin qu’ils n’interfèrent plus sur les vivants ou sur d’autres Esprits.
   L’expérience nous a permis progressivement de mieux appréhender ce genre de situation, afin de ne pas mettre en danger la vie de nos médiums. Les deux médiums précédemment cités ont reçu en incorporation ces esprits depuis1974 et quatre autres se sont inscrites dans le temps, au travers du développement d’une autre médiumnité dite « à délivrance ». Dans cette autre médiumnité, si le médium reste conscient, il n’est plus maître de l’influence qu’il subit, il devient le canal, le catalyseur du mal qui s’exprime ou bien de la souffrance et du trouble. C’est alors que la prière et les propos des spirites qui participent à la séance vont percuter ces esprits, mieux que des guides qui, trop éloignés des lourdes vibrations, ne parviennent pas à atteindre leurs protégés.


_ Reprenons la suite de notre témoignage initial :

« Je venais vers vous voilà une année et je m’incorporais ici, dans cette pièce, et je venais vers vous guidée par un sentiment de haine, de domination et de destruction. Je venais, espérant que vous alliez céder à toutes mes demandes, espérant que je pourrais agir avec vous à ma guise, espérant que vous deviendrez obéissants à boire toutes mes paroles pour faire le mal, pour continuer d’user de ma haine sur la terre, aussi pour prendre vos fluides et continuer de faire le mal dans le monde astral. Je vivais dans mon univers, je vivais et je continuais de vivre comme sur la Terre, pour moi rien n’était changé.
   Et puis, pour moi, le temps est venu de vous visiter toujours comme beaucoup de mauvais esprits qui ont fait du mal sur la terre et toujours prête à m’en réjouir.
   J’ai vite alors compris le parti que j’aurais pu en tirer. J’étais bien naïve. C’était mal vous connaître. C’était ignorer le spiritisme.
   Je suis venue, certaine de mon fait, et puis vous m’avez écoutée.
Au bout de quelques minutes, vous m’avez interrompue, vous m’avez demandé de me souvenir de qui j’étais. Vous m’avez parlé d’amour, vous m’avez parlé de lumière. Vous avez prié pour moi.
   Vous m’avez demandé ce que jamais, jamais je n’aurais supposé dire et penser. Vous m’avez demandé le pardon de mes fautes.
   J’avais le sentiment, comme tous les esprits dans une telle situation, d’étouffer. Je voulais vous fuir, je voulais être loin, très loin de vous, mais c’était impossible.

   À chaque fois que je tentais de quitter le corps de votre médium, une main invisible était là, au-dessus de moi, pour me maintenir près de vous. J’étais prise entre vos prières et les fluides des Esprits qui vous guident et qui vous protègent. Je ne pouvais plus m’en aller. Je ne pouvais plus fuir et cependant je refusais vos paroles, je refuser vos pensées.
   Au fur et à mesure de vos fluides et de vos prières, ma lourdeur se faisait un peu moindre. Alors, j’ai commencé à douter de moi-même.
   Lorsqu’un esprit mauvais en arrive à douter de lui-même, ceux qui veulent le conduire vers la lumière ont gagné la partie, car l’Esprit, alors, peut employer tous les mots qu’il désire, dans les injures qu’il prononce il s’insulte lui-même.

   Quand j’ai prononcé le pardon, j’ai ressenti une grande brûlure et j’ai vu une lumière insupportable. Alors j’ai tourné, tourné pour voir un visage calme, apaisant en face de moi.
   C’était le visage de Benjamin, Benjamin était mon guide.
Un visage qui me souriait, un visage qui me pardonnait, un visage qui me faisait comprendre que la vie continuait, un visage qui me faisait comprendre qu’au-delà des fautes, qu’au-delà des crimes, je n’étais pas un démon, que je pouvais vivre, que je devais vivre et que tout commençait pour moi.
   Un Esprit n’ose pas croire qu’on puisse lui pardonner ainsi toutes ses fautes. Un Esprit n’ose pas penser à cela.
   J’avais de moi-même une opinion très arrêtée et je ne soupçonnais pas en moi une parcelle de bonté. Vous me l’avez fait découvrir.

   Propulsée par vos pensées, par vos paroles, j’ai rencontrais mon guide. Toutes celles et tous ceux que j’avais en haine ont été délivrés en même temps de la frayeur que je continuais de leur faire subir dans le bas astral. J’ai eu peur en les regardant, transformés, métamorphosés. C’était moi alors qui les craignais mais eux me regardaient avec leur innocence, et c’est si beau de découvrir que l’amour existe. C’est si beau de penser que l’on peut continuer d’exister, que l’on peut réparer les crimes du passé.

   Je dois me réincarner, mais je n’ai plus de crainte.
J’ose vous dire, dans mon infériorité, que je suis heureuse de revenir sur la Terre. J’ose vous dire que je suis heureuse de vivre, car c’eût été être morte que de continuer à faire le mal.
Oh ! Je me suis éveillée à la vie il y a seulement un an. Merci, merci, merci. »

   Voilà la belle finalité de ces séances éprouvantes pour le médium et qui peuvent être reconduites quand la délivrance à échoué une première fois. Cette libération permet à ces Esprits de ne plus nuire.
   Ils prennent conscience de leur survivance et de leurs possibilités d’avancement ; Ils découvrent la réalité d’un Esprit protecteur, leur guide qui va désormais les accompagner.
   Et puis pour le monde des incarnés, ce sont des mauvaises influences possibles qui n’existeront plus.

   Le chemin spirite, c’est celui du combat pour la liberté de l’homme et de l’Esprit, dans l’aide spirituelle nécessaire à notre prochain même s’il est désincarné, même s’il est tourné vers le mal.

 

Extrait tiré du Journal Spirite n° 98 . LE PASSAGE .

« Revue du cercle Spirite. Page 28.29.30.31
Allan Kardec de Nancy. Octobre à Décembre 2014 »